Nos activités > Articles > St CRISPIN de Viterbe
St CRISPIN de Viterbe
Publié le 18/09/2026

St CRISPIN de Viterbe - Frère lai Capucin (Fête le 23 Mai)
Pierre, notre futur "Saint Joyeux", naquit à Viterbe en 1668 de parents modestes. Sa pieuse mère, très dévote à Marie, lui consacra très tôt son enfant et lui inculqua l'amour de cette Mère du Ciel.
A l'âge de 25 ans, alors qu'il exerçait l’humble métier de cordonnier, et assistant à une procession religieuse, il fut grandement édifié par des novices capucins et décida, sous l'impulsion de la grâce, d'embrasser cet état de vie.
Il entra donc au noviciat de Viterbe en tant que frère lai et reçut le nom de Frère Crispin. Sa gaieté si affable, qui était comme le fond de son caractère, faisait l'édification de tous et très vite, il parut avoir atteint le plus haut degré de perfection religieuse. Après sa profession, il fût attaché à divers couvents de sa province. Quand on le chargeait de la fonction de cuisine, son premier soin était d'y élever un petit autel dédié à la Sainte Vierge, l'ornant de fleurs et de plantes parfumées. Et quand, au nom de l'obéissance, il était envoyé auprès de malades ou d'infirmes, il les guérissait d'un simple signe de croix ou avec quelques fleurs de sa " Madone". Il usait parfois aussi de fruits ou d'olives auxquels il attribuait, par humilité, la vertu de guérir les maux de ses contemporains.
Un jour, notre Saint s'était porté volontaire pour se rendre dans un couvent proche, où tous les les religieux étaient tombés gravement malades, à la suite d'une épidémie. Son Supérieur lui objectant qu'il y avait grand risque de maladie ou de mort pour lui et qu'il ne voulait pas " presser" sur sa volonté, le Fr. Crispin répondit aussitôt, avec autant de ferveur d'esprit que d'humilité : " Quelle volonté, mon Père ? Ici ma volonté sera toujours celle de mes Supérieurs. Au pied de l'Autel, j'ai promis obéissance sans condition de maladie ni de mort ni d'autre chose. Ce que j'ai promis sans condition, je veux le tenir sans condition, fallût-il y perdre la vie". Grandement édifié par cette joyeuse promptitude, son Supérieur le bénit et l'envoya auprès de ses frères malades où, en peu de temps, l'épidémie fut enrayée.
Pendant son séjour au couvent d'Albano, de nombreux prélats, attirés par sa réputation de sainteté, se plaisaient à le visiter et professaient pour lui la plus grande vénération. Le Pape Clément XI, lui-même, voulut le voir et fut si charmé de son humilité et de sa modestie que, depuis, il ne vint jamais au couvent sans demander un entretien au Fr. Crispin. Celui-ci, effrayé des honneurs dont on l'entourait de toutes parts et craignant les assauts de la vaine gloire, demanda et obtint en compensation d'observer tous les carêmes de Saint François. A chaque chapitre de l'Ordre, les Supérieurs se le disputaient auprès du Ministre Général, tant était grande l'édification qu'ils en attendaient pour leur communauté.
C'est au couvent d'Orvieto qu'il séjourna le plus longtemps et pendant près d'un demi-siècle y exerça la charge de quêteur, passant en prière tous les instants que lui laissait libre son pénible emploi. Bien que multipliant sans cesse les guérisons miraculeuses autour de lui, il se considérait comme le dernier des frères et ne s'appelait, à l'exemple de St Félix de Cantalice, que "l'âne des Capucins". Et quand on lui demandait un jour pourquoi il allait toujours nu-tête, il répondit avec une aimable gaieté : "C'est parce qu'un âne ne porte pas de chapeau ! ".
Dans une communauté de la ville se trouvait une religieuse qui, pour l'éprouver, ne manquait jamais de l'accabler d'injures, quand il venait au parloir pour la quête ; l'humble frère écoutait paisiblement, sans donner le moindre signe d'impatience. " Dieu soit loué, disait-il ensuite, de ce qu'il y ait à Orvieto une personne qui me connaisse et me traite comme je le mérite ! " . Nourrissant contre lui-même un profond mépris, il se traitait avec la plus extrême rigueur. Mais, autant il était sévère envers lui-même, autant il était compatissant aux souffrances et aux besoins du prochain. Il menait une vie religieuse d'une telle ferveur qu'elle poussait chacun à une plus grande dévotion.
Quand on évoquait ses vœux de religion, il se tournait vers Jésus Crucifié, le remerciant et le bénissant en disant : " O mon doux Sauveur, vous avez voulu être attaché à une Croix douloureuse avec trois clous de fer, et moi, votre vil serviteur, vous avez voulu, par votre miséricorde, m'attacher avec trois clous d'or à la croix douce et suave de la religion ". Et si on lui demandait, en confidence, sa " méthode " d’oraison, il répondait en souriant simplement :
" Regardez Jésus attaché à la Croix et considérez qui est celui qui est ainsi suspendu, quel est celui qui l'y a fixé, et pour quoi il y demeure. Vous avez ainsi de quoi méditer pour tout le temps de votre vie ! "
L'âge avancé et les austérités l'ayant usé, il fut relevé de sa fonction de quêteur et envoyé au couvent de Rome. Pendant les deux années qu'il y passa à l'infirmerie, il continua cependant ses visites et ses entretiens, guérissant et conseillant avec une constante charité. Il rendit enfin son âme à Dieu, prononçant les doux noms de Jésus et de Marie. C'était le 19 mai 1750.
ORAISON
|
Deus, qui beatum Crispinum Confesso-rem tuum in laetitiatjbi servientem, ad virtutis apicem perduxisti : da, quaesu-mus : ut, ejus intercessione et exemple», vias vitae sectantes in terris, torrente votuptatis tuae pertrui mereamur in caelis. Per Dominum nostrum Jesum Christum. |
O Dieu qui avez élevé au sommet de la vertu votre Confesseur le Bx Crispin qui vous a servi dans la joie, nous vous supplions de nous accorder par son intercession et à son exemple de suivre ici-bas ses traces dans les voies de la vie, afin que nous méritions de jouir dans les cieux du torrent de vos délices. Par N.SJ.C. |
Autres articles

La Congrégation des Petites Sœurs de St François d’Assise
Le don de soi dans la joie et la simplicité franciscaine
Publié le 16/09/2026

La Sainte Vierge au secours des vignerons
N°30 - avril 2011
Publié le 08/09/2026

Le Pain de Saint Antoine
N° 9 - 2 Février 2008
Publié le 07/09/2026

Bx BENOIT D'URBIN
Prêtre capucin (1560 - 1625)
Publié le 24/08/2026

Sainte Claire et la vie des Clarisses
Lettre aux amis de Saint François N°9 - 8 décembre 1991
Publié le 19/08/2026