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Le chapelet
Publié le 05/02/2026

N° 24 - Juin 2009
LE CHAPELET
Chers voisins et amis
Régulièrement nos coteaux du Beaujolais sont sillonnés par des chasseurs en quête de gibier, le fusil en bandoulière. En nous rencontrant sur les routes ou dans les vignes, ils ne se sont probablement pas doutés que nous portions, nous aussi, une arme, oh ! bien pacifique celle-là, car nous ne ferions pas de mal à une mouche avec elle. En effet, lorsque nous avions décrit notre habit (voir « Les Cloches » n° 16), nous avions omis de parler du chapelet, car c'est de lui qu’il s'agit : une sorte de chaîne attachée à notre corde, garnie de grains et d'une croix de bois. Le moment est venu d'en parler, puisqu' après les vêpres (nous en sommes à 14h15), nous récitons justement la prière du chapelet. Qu'est-ce donc que le chapelet, d'où vient-il, et à quoi sert-il ?
Le chapelet est une prière composée de cinq dizaines de « Je vous salue Marie » (petits grains) (pour le texte, voir Les Cloches n° 8, sur l'Angélus), chaque dizaine est précédée par la prière du « Notre Père » (gros grains) que Jésus-Christ nous a lui-même apprise, et suivie de la courte prière en l'honneur de la Sainte Trinité : Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. C'est donc essentiellement une prière adressée à la Sainte Vierge Marie.
Le mot « chapelet » est un diminutif de chapel (ou chapeau) : il s'agissait, au Moyen Age, de couronnes de fleurs dont on ornait les statues de la Sainte Vierge. De là, il en est venu à signifier cette couronne de prières offertes à Marie. C'est pour cela que l'on appelle aussi cette prière du nom de « rosaire », en souvenir des couronnes de roses. Mais le rosaire se compose de trois chapelets, l'un en souvenir de l'Enfance de Jésus (mystère joyeux), le second en l'honneur de sa Passion (mystère douloureux), le dernier en l'honneur de sa victoire (mystère glorieux). Ainsi désigne-t-on cet ensemble des trois chapelets par le nom de rosaire. Mais de quand date le chapelet ? La grande prière des chrétiens des premiers siècles est le chant des psaumes, ces cantiques composés en grande partie (la moitié), par David, roi d'Israël (100 avant J. C.) et consignés dans la Bible. Au IVe siècle, saint Jérôme nous raconte que les paysans les chantent par cœur tout en travaillant dans les champs. Peu à peu, l'usage du latin venant à disparaître parmi les gens du peuple, ceux-ci commencent à remplacer les psaumes par la récitation du « Notre Père », répétée cent cinquante fois (autant qu'il y a de psaumes). Peu à peu, les « Je vous salue » se mêlent aux « Notre Père », voire les remplacent.
Pour compter les « Notre Père » et « Je vous salue », on utilise d'abord des cailloux. Dès le XIIe siècle, on se servit de la couronne de grains à peu près semblable au chapelet que nous utilisons aujourd'hui.
Maintenant que nous savons ce qu'est le chapelet et son origine, venons-en à sa récitation. Pourquoi, d'abord une telle répétition ? Le chapelet est une prière d'amour envers Marie, et l'amour ne se lasse jamais de se répéter. C'est ce qu'avaient déjà compris les Pères du désert dès le IVe siècle ; ils répétaient parfois toute la journée des versets de psaumes, demandant à Dieu son secours. En cela ils ne faisaient que suivre la paternelle recommandation de Jésus : « Il faut prier toujours et sans se lasser » (Luc 18,1)
Pourquoi cette prière ? Parce que le chapelet est composé du « Notre Père » dite oraison dominicale parce que le Seigneur Jésus l'a enseigné à ses apôtres. Le « Je vous salue Marie » est appelé encore « salutation angélique » parce que salutation que l'ange Gabriel adresse à Marie alors qu’il venait lui annoncer qu’elle serait la mère du Sauveur. Ainsi, le chapelet est une prière toute biblique, qui nous fait dire à Dieu et à la Sainte Vierge ce qu’ils aiment que nous leur disions ou demandions.
Enfin, le chapelet est une prière souverainement efficace. L'histoire de l'Eglise en donne maintes preuves et Marie est souvent apparue pour encourager cette dévotion. Elle a voulu donner un gage tout particulier de cette efficacité du rosaire lors d'un événement survenu en 1917 près d'une bourgade appelée Fatima. Comme elle était apparue à trois enfants et que beaucoup n'y croyaient pas trop, elle a promis un miracle plusieurs mois à l'avance. Elle tint parole, le 13 octobre, devant une foule d'environ 70 000 personnes. Le journal (maçonnique), « O Seculo », dans son édition du lundi 15 octobre, relate le fait dans un article du rédacteur en chef A. de Almeida intitulé « Como o sol bailar ao meio dia em Fatima » *. Vers 3 heures, alors qu’il avait plu toute la nuit et jusqu' à cette heure, le soleil se mit à luire, puis à tourner sur lui-même à toute vitesse en émettant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Au bout de quelques minutes, il sembla se « décrocher » de la voûte céleste pour se précipiter sur la foule, provoquant évidemment une grande terreur. Enfin, il reprit sa place. Quant aux vêtements des gens, tout mouillés et crottés auparavant, (ils étaient à genoux dans la boue ! ), ils étaient propres et secs. Or, c'est précisément lors de cette apparition du 13 octobre, que la Sainte Vierge a particulièrement insisté pour qu’on prie le chapelet. Cette association entre le chapelet et ce miracle montre combien il est bon d'être « du côté » de Marie : elle est prête à décrocher le soleil - si nécessaire - pour nous venir en aide. Pourquoi ne pas lui confier tous nos soucis ? (Problèmes matériels, peines de cœur, doutes etc.). En attendant, nous lui confions les vôtres à l'occasion de notre chapelet quotidien.
PETITE CHRONIQUE ET FIQRETTI
23 mars 2009. Fermeture de la chapelle du hameau ? Non, simplement quelques travaux. En effet, aidé par un maçon ami, le Père Jean y installe un autel en pierre, qui sera « inauguré » pour la procession des Rameaux, le 5 avril. La chapelle, propriété de la famille Sauzey, aménagée vers 1960, fut desservie tous les dimanches jusqu'en 1962. La chapelle, ancienne maison de vigneron a été transformée en chapelle dans les années 60 à l'initiative du Général Sauzey, oncle de Philippe Sauzey, actuel propriétaire de la chapelle. Les habitants de Morgon ont largement et bénévolement participé à cette transformation (les plus anciens peuvent sans doute donner des détails). A l'époque, il y avait deux prêtres rien que pour Villié-Morgon, le curé et son vicaire. Puis la messe ne fut plus célébrée en notre hameau que tous les quinze jours, puis tous les mois. Enfin, la chapelle ferma en 1967. Depuis novembre 1998, la messe y est de nouveau dite tous les dimanches à 18h pour tous ceux qui le souhaitent.
28 mars. Frère Fidèle-Marie et frère Pio-Marie gravissent deux marches de l'« échelle » qui conduit au sacerdoce. En effet, ils reçoivent aujourd'hui deux ordres qui leur donnent de nouvelles fonctions dans l'Eglise.
15 avril. Retour du service militaire ? En tout cas, à l'occasion de la promenade annuelle de Pâques, l'emprunt de raccourcis nous a forcés à un « ramping », passages de barbelés, traversée de taillis. L'un d'entre nous a même fait du tobogan en dévalant un talus, avec une belle écorchure à la clé ! Bref, pas besoin d'aller jusqu'au Far West pour avoir des aventures...
22 avril. Repas « portes-ouvertes » ce soir. Non pas pour que les visiteurs viennent voir des capucins dîner : nous vous l'aurions dit, mais pour faire sécher la peinture des fenêtres encore fraîche. Et comme il fait encore frais... on claque des dents !
6 mai. Bras de fer ce matin. Nos frères étudiants écoutent un cours de théologie enregistré sur cassette. Mais petit à petit, une musique se fait entendre et semble vouloir faire concurrence au conférencier. Les Pères des salles voisines n'en reviennent pas : c'est Bob Marley qui tente de crier plus fort que le professeur. Le cours devenant inaudible nos frères coupent le sifflet au chanteur en éteignant le magnétophone... Que s'était-il passé ? Tout simplement, le cours avait été repiqué sur une cassette de récupération et en plus de mauvaise qualité. On se plaindra à une association de consommateurs !... Surtout on tâchera de commander une nouvelle copie de la conférence ... non chantée !
29 juin 2009. Ordination sacerdotale du frère Pierre.
* Comment le soleil a dansé au milieu de la journée à Fatima.

PETITE CHRONIQUE ET FIORETTI
Couvent Saint-François
Morgon
69910 Villié-Morgon
Les personnes qui lisent ce numéro et qui désireraient les numéros précédents et les suivants peuvent nous le taire savoir et nous laisser leur adresse. Les Cloches Messagères expliquent nos activités et donnent des nouvelles du Couvent Saint-François et du Monastère Sainte-Claire de Morgon. N'hésitez pas à vous « abonner », c'est gratuit !
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