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Pourquoi s’affilier au Tiers-Ordre [franciscain]
Publié le 19/08/2026

Pourquoi s’affilier au Tiers-Ordre [franciscain]
La revue franciscaine (Montréal, CN) janvier 1926
Lorsqu'on invite les âmes à s'enrôler dans le Tiers-Ordre de saint François, beaucoup répondent : « Mais je suis déjà Enfant de Marie ou Dame de Sainte Anne, Ligueur du Sacré-Cœur ou Congréganiste de la Sainte Vierge ; je possède là en abondance les moyens de faire mon salut. » Nous voudrions, en montrant l'excellence du Tiers-Ordre sur les autres associations pieuses et son efficacité supérieure, le faire apprécier davantage des fidèles et lui gagner de nombreux enfants, car telle est la volonté des Papes.
I
1ère raison : Excellence du Tiers-Ordre
L'excellence du Tiers-Ordre apparaît non seulement du fait que l'Église, dans son Droit, lui donne la préséance sur toutes les autres associations, mais elle ressort surtout clairement de sa nature même.
Le nouveau Code ecclésiastique le définit en effet : une association de séculiers qui s'efforcent de tendre à la perfection chrétienne sous la conduite et selon l'esprit de l'Ordre de saint François, par des moyens compatibles avec la vie séculière et suivant une règle approuvée par le Siège Apostolique, (can. 702.)
Quoique séculier, le Tiers-Ordre est donc un Ordre véritable selon l'affirmation expresse des Souverains Pontifes Benoît XIII, Pie IX et Léon XIII et selon son nom même. Il réalise les conditions essentielles à un Ordre : il a une règle particulière approuvée par le Saint-Siège, un noviciat canonique, une profession et, non pas un simple insigne, mais un habit bien déterminé.
Cet Ordre ne se borne pas à certains exercices, à certaines observances, à certaines œuvres de charité ou de zèle, à certaines dévotions comme les autres confréries ou congrégations séculières, il va droit au but ; ses associés visent la perfection chrétienne intégrale selon l'esprit de saint François, laquelle comprend éminemment chacune des dévotions, chacune des bonnes œuvres, chacune des observances pieuses et louables qui séparément forment le lot de chacune des autres associations ou confréries.
Ce que le Tiers-Ordre veut de ses enfants, ce n'est donc pas telle ou telle pratique, telle ou telle œuvre de charité et d'apostolat, c'est l'accomplissement de tous les devoirs du chrétien, c'est l'esprit du pur christianisme, c'est l'imitation la plus parfaite possible, chez les séculiers, de Jésus-Christ et de son fidèle serviteur François ; pour tout dire en un mot, c'est la perfection à réaliser dans le monde tout comme les religieux la réalisent dans le cloître.
Le Tiers-Ordre ne s'oppose pas donc aux autres associations approuvées par l'Église ; il les enferme toutes dans les vastes limites de son esprit, il les suppose même et laisse toute liberté au tertiaire de les embrasser et d'y contribuer plus largement peut-être que les autres fidèles aux œuvres qui les caractérisent.
II
2e raison : Efficacité du Tiers-Ordre pour sanctifier l'individu et la société
Pour conduire à la perfection individuelle, le Tiers-Ordre dispose des moyens les plus efficaces. Nous n'avons qu'à ouvrir la règle pour le constater. En premier lieu, elle exige de tout tertiaire l'observance entière des commandements de Dieu : premier fondement et base de toute vie chrétienne. A cela elle ajoute des préceptes qui ne sont ni plus ni moins que l'application à la vie séculière des préceptes et des conseils évangéliques. L'esprit de pénitence : fuite de la mollesse dans les vêtements, fuite des bals, des spectacles et des repas licencieux, frugalité dans la nourriture, jeûnes et abstinences; l'esprit de pauvreté: renoncement dès avant la mort aux biens de ce monde par le testament, mise en commun d'aumônes pour subvenir aux besoins des pauvres; l'esprit de charité et de concorde en exhortant les tertiaires à donner toujours et partout le bon exemple, surtout au foyer, à se livrer aux bonnes œuvres, à apaiser les discordes, à visiter les confrères malades ; l'esprit d'humilité et de soumission : abstention du luxe et de l'élégance mondaine, vêtements selon la condition de chacun, obéissance à l'Église, aux visiteurs et supérieurs ; l'esprit de prière : confession et communion au moins mensuelles, messe quotidienne autant que possible, prières avant et après les repas, office divin, prière pour les confrères défunts ; enfin l'esprit de pureté : interdiction de livres, revues et journaux dangereux, des paroles déshonnêtes ou bouffonnes, examen de conscience journalier.
Si toutes ces prescriptions qui constituent, on le voit, un excellent code de vie chrétienne, ne peuvent pas manquer de perfectionner le tertiaire fidèle à les observer, elles ne sont pas moins efficaces pour régénérer la société elle-même. Ces principes de charité et d'assistance mutuelle, de concorde, d'humilité, de soumission et de pénitence, rien de mieux pour étouffer toute haine entre les classes sociales, pour restaurer le principe d'autorité dans la société qui se meurt, pour ramener à des mœurs chrétiennes les âmes païennes de nos jours. C'est ce que le Tiers-Ordre a fait au moyen-âge : ... " il a apaisé les rivalités des partis, anéanti les causes de procès et de disputes, procuré des consolations à la misère et au délaissement, réprimé la luxure" ... (Enc. Auspicato Léon XIII). Pourquoi ne le ferait-il pas aujourd'hui, pourvu que ses rangs deviennent de plus en plus serrés, pourvu que ses associés se pénètrent de plus en plus de l'esprit de son fondateur qui n'est autre que l'esprit du Christ.
III
3e raison : Volonté des Papes
Les papes d'ailleurs ont parlé. Ils ont invité avec insistance la société moderne à recourir à ce remède social, et tous les fidèles à entrer dans les rangs des « Nouveaux Machabées. » Écoutons-les.
D'abord le grand Léon XIII : " Nous exhortons vivement tous les chrétiens à ne pas refuser de se faire inscrire dans cette sainte milice de Jésus-Christ (Enc. Auspicalo, 12 sept 1882), qui est, à l’encontre de la Franc-Maçonnerie, la véritable école de la liberté, de l'égalité et de la fraternité chrétiennes (Humanum genus, 20 avril 1884)... On ne peut rien faire qui nous soit plus agréable, dit-il, que de propager le plus possible le Tiers-Ordre (Lettre du 28 oct. 1882) ; travailler à le répandre, c'est accomplir l'œuvre du Christ (Audience du 3 oct. 1882) ; c'est travailler à la régénération de la société chrétienne (Audience du 18 déc. 1884). Nous avons toujours reconnu dans cette institution, ajoutait-il, un des secours les plus efficaces fournis par la Providence, afin que les chrétiens, tout en vivant au milieu du monde, puissent se préserver de ses corruptions " (Discours 12 avril 1883).
Laissons la parole à Pie X : " Tous tant que vous êtes qui avez à cœur la gloire de saint François et le salut des âmes, disait-il dans son encyclique sur le septième centenaire du premier Ordre, Nous vous exhortons avec instance à déployer beaucoup de zèle pour que le grand nombre s'enrôle dans le Tiers-Ordre et pour que ceux qui y sont se montrent de vrais disciples d'un tel maître. "
Benoît XV à son tour ajoutait : " La règle du tiers-Ordre n'est que l'application de l'Évangile ; ayez un grand zèle pour y être fidèles et pour la propager ... Nous exhortons les fils de l'Église répandus dans le monde entier à s'affilier avec empressement, ou, s'ils y sont déjà affiliés, à rester fidèlement attachés à cette institution qui est si merveilleusement adaptée aux besoins de la société moderne (Sacra propediem) ... Il est donc à souhaiter qu'il n'y ait pas une seule ville, un seul village, une seule bourgade où le Tiers-Ordre ne rencontre un bon nombre de membres qui se dépensent avec zèle et générosité pour leur propre salut et le salut du prochain... Et pourquoi les diverses associations catholiques ne s'affilieraient-elles pas au Tiers-Ordre pour persévérer à travailler à la gloire de Jésus-Christ et au triomphe de l'Église, avec l'esprit de paix et de charité dont était animé saint François. " (Ibidem)
Voilà donc trois excellentes raisons d'entrer dans le Tiers-Ordre de saint François :
a) c'est la volonté mainte fois exprimée des Souverains Pontifes ;
b) le Tiers-Ordre est le remède aux maux qui rongent la société et entravent la sainteté individuelle ;
c) il est un Ordre véritable qui, puisant son esprit dans l'esprit même de son Fondateur, renferme en lui sans les éparpiller toutes les forces vitales du christianisme, le but de toute vie humaine : la perfection et la sainteté.
Enrôlons-nous donc nombreux sous la bannière de saint François : l'Église le veut, le salut de notre âme et de la société le demande.
Fr. Jérôme. -M. O. F. M.
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